Alpes de Haute-Provence : le projet éolien de Peipin est annulé



Source : La Provence du 24 mars 2018 par Jean-Marie Delmaère
nidaiglesLa société RES a officiellement décidé hier, de stopper les études pour ce projet à la suite de la découverte de la présence de deux nids d’aigles royaux

La construction d’un parc éolien de 5 unités sur les crêtes de Lure a été mise sur les rails en 2016. Frédéric Dauphin, le maire de la commune fortement endettée de Peipin, espérait les 84 000 € annuels (en plus des 66 000 € pour la communauté de communes).

Les mesures d’économies en cours pour résorber l’ardoise trouvée en arrivant en 2014 ne sont pas près de s’estomper puisque les études menées par la société Res viennent de mettre un terme définitif aux études de ce projet par la présence de deux nids d’aigles royaux, dont un situé sur la zone d’étude. Pour Damien Cousin, ingénieur projets à la Société Res, « au regard de la configuration du site, il nous est impossible de garantir un éloignement suffisant entre le nid et les éoliennes ». Le choix de ne pas poursuivre ce projet a donc été fait. Le maire de Peipin ne cache pas sa déception : « C’est évidemment une très mauvaise nouvelle pour Peipin et la Communauté de communes, puisque cela représente une perte de revenus d’environ 150 000 € par an pour nos deux collectivités. Ce sera autant de moyens en moins consacrés au développement de notre territoire car, contrairement à ce que pensent les opposants à ce projet, qui, non contents d’être ultra-minoritaires, ne savent généralement pas de quoi ils parlent ».

Faisant référence à l’activité touristique, « quasi inexistante et qui ne compensera jamais une manne financière pareille ». Pour compenser les dettes importantes de la commune, le premier magistrat l’assure : « nous avons d’autres projets pour notre village. Nous sommes en effet une équipe municipale résolument tournée vers l’avenir, dont le seul objectif est d’oeuvrer pour l’intérêt général, à l’opposé des idées rétrogrades et égoïstes de quelques esprits obtus ».
« 15 % des oiseaux ont disparu »

L’association Amilure, par la voie d’Isabelle de Rouville est très satisfaite de cette décision. « Nous observons que 15% des oiseaux ont disparu en France. Nous reconnaissons que Res sait avoir le recul nécessaire, il faut leur rendre cet hommage. Nous sommes heureusement surpris par l’objectivité de la société Res et son respect de la faune. On s’en réjouit. Ici, il y a à longueur d’année les rapaces dans le ciel. Cela inquiétait les ornithologues ».

Si le projet est abandonné à Peipin, les études se poursuivent sur le site de Redortiers.